Perchée sur sa butte dominant la Chalosse, Saint‑Sever, surnommée la cité historique des Landes, est un haut lieu d’histoire et de spiritualité. À la croisée des chemins de Saint‑Jacques‑de‑Compostelle, la ville séduit par son patrimoine exceptionnel, son dynamisme culturel et son art de vivre profondément gascon.
Les origines de Saint‑Sever remontent à l’époque romaine, lorsqu’un camp militaire, le castra romanum, est édifié sur la butte de Morlanne vers 56 av. J.‑C.. La tradition rapporte qu’en 407, Severus, moine venu évangéliser la Novempopulanie, fut martyrisé par les Wisigoths ; une première chapelle fut bâtie en son honneur au VIIᵉ siècle, marquant le point de départ d’une longue histoire spirituelle.
En 988, le duc Guillaume‑Sanche de Gascogne fonde ici une abbaye bénédictine, confiant aux moines la mission d’y établir un grand centre religieux et intellectuel. L’abbatiale de Saint‑Sever, chef‑d’œuvre de l’art roman et classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint‑Jacques, devient l’un des plus importants monastères du sud‑ouest médiéval. Visible depuis la place de Verdun, son chevet à sept absides constitue un ensemble architectural unique en Europe. L’abbaye fut aussi un centre de savoir majeur, abritant le célèbre Beatus de Saint‑Sever, manuscrit enluminé monumental du XIᵉ siècle.
Aux siècles suivants, la cité connaît de nombreux remous. Si elle prospère durant l’âge d’or du pèlerinage, elle souffre profondément des guerres de Cent Ans puis des guerres de Religion : en 1569, les troupes huguenotes de Montgommery incendient et pillent l’abbaye. Ce n’est qu’au XVIIᵉ siècle, avec l’arrivée des bénédictins de la congrégation de Saint‑Maur, qu’elle est restaurée dans le style roman‑gothique que l’on admire encore aujourd’hui.
À la Révolution, les moines sont chassés et les bâtiments monastiques vendus. L’église, cependant, est rendue au culte dès 1795 et devient le cœur du Saint‑Sever moderne. Les restaurations du XIXᵉ siècle redonnent à l’abbatiale son éclat par des décors néo‑romans fidèles à l’esprit médiéval.
Outre son patrimoine religieux, Saint‑Sever rayonne par son activité culturelle et festive. La tradition de la course landaise, attestée dès 1457, est toujours célébrée dans les arènes de la ville. Le célèbre Festivolailles, dédié au poulet fermier label rouge, perpétue la réputation culinaire d’un terroir qui conjugue excellence et convivialité. Fêtes locales, concerts, marchés et expositions animent la cité tout au long de l’année.
Les collines chalossaises, les bords de l’Adour et les nombreux sentiers de randonnée offrent un autre visage de Saint‑Sever : celui d’une cité ouverte sur la nature, où patrimoine et paysages forment un décor d’une rare harmonie.