Située sur les rives de l’Adour, Grenade‑sur‑l’Adour est une bastide médiévale fondée le 2 mai 1322 par Édouard III d’Angleterre, alors duc d’Aquitaine. Conçue selon un plan régulier typique de l’époque, cette cité pittoresque séduit par son patrimoine d’exception et son environnement paisible, au cœur d’un territoire agricole fertile qui lui doit son ancien nom de Terra Granata, « terre fertile en céréales ».
La bastide se déploie autour d’une place centrale entourée de galeries à arcades et de maisons à cornières, fidèles aux traditions urbanistiques anglo‑gasconnes. Ce plan, en parallélogramme, facilitait autrefois l’organisation du commerce et la défense de la ville, autrefois protégée par des fossés et trois portes d’accès. Ce tracé médiéval demeure aujourd’hui l’une des signatures architecturales les mieux conservées des Landes.
L’église Saint‑Pierre‑et‑Saint‑Paul, érigée au XVe siècle, domine le bourg de son clocher à deux tours et de son chevet plat. Elle témoigne du passé religieux de Grenade, mais aussi de sa résilience : en grande partie détruite en 1569 par les troupes huguenotes du capitaine Montgommery lors des guerres de Religion, elle fut restaurée et embellie au XIXᵉ siècle.
Au fil des siècles, la ville a connu des épisodes marquants, traversant la Fronde, la Révolution puis la modernisation du XIXᵉ siècle : élargissement des rues, construction d’une gendarmerie, nouveau cimetière (1853), et création du premier comice agricole en 1859, reflet de la vitalité agricole du Tursan et de la Chalosse.
Grenade‑sur‑l’Adour garde aussi la mémoire des tragédies du XXᵉ siècle. Le 13 juin 1944, en représailles à des actions de la Résistance, la ville est incendiée par les troupes nazies et de nombreux habitants sont déportés. Cette page douloureuse est rappelée par le Pavillon de la Résistance et de la Déportation, musée commémoratif où témoignages et objets rendent hommage aux victimes et aux résistants.
Aujourd’hui, Grenade‑sur‑l’Adour conjugue patrimoine ancien et dynamisme contemporain. Le Petit Musée de l’Histoire landaise retrace l’évolution de la commune à travers les âges, tandis que les marchés hebdomadaires (lundis, mercredis et samedis) animent la place centrale de leurs étals gourmands : foie gras, confit de canard, légumes du terroir et vins des coteaux du Tursan. Les berges de l’Adour, les sentiers de randonnée et les espaces naturels environnants invitent, quant à eux, à la balade et à la détente.