Nichée au confluent de l’Adour, des Gaves Réunis et du Louts, Peyrehorade charme par sa situation exceptionnelle au carrefour du Pays d’Orthe, du Béarn et du Pays Basque. Cette position géographique privilégiée lui confère depuis des siècles un caractère de ville de passage et d’échanges, où nature, histoire et traditions se conjuguent harmonieusement.
Fondée au Moyen Âge entre les rivières et la colline d’Aspremont, la ville s’est développée à l’ombre du château des vicomtes d’Orthe, dont les vestiges dominent encore la vallée. Dès le XIIIᵉ siècle, la cité se dote du château de Montréal, forteresse emblématique devenue aujourd’hui hôtel de ville. Ce monument, érigé pour surveiller les voies fluviales et commerçantes, fut un point stratégique de premier plan, notamment durant les guerres de Religion.
À la même époque, la fondation du marché hebdomadaire en 1358 établit durablement Peyrehorade comme un centre économique régional. Ce marché, toujours actif chaque mercredi matin, demeure l’un des plus anciens des Landes : sur la place Aristide Briand, les étals colorés regorgent de produits locaux, de spécialités du Sud‑Ouest et d’artisanat, perpétuant une tradition vieille de plus de six siècles.
L’histoire de la commune est également marquée par une dimension culturelle et spirituelle singulière. Au XVIᵉ siècle, Peyrehorade accueille une communauté de Marranes, Juifs convertis au catholicisme ayant fui l’Inquisition espagnole. Leur présence favorise le développement du commerce jusqu’à leur expulsion en 1648 ; un cimetière juif, toujours visible, témoigne de ce passé cosmopolite et tolérant.
La ville s’enrichit de nombreux monuments : l’église Saint‑Martin, d’origine médiévale, abrite de beaux éléments gothiques ; les maisons à colombages et les demeures en pierre du centre ancien rappellent la prospérité des temps passés.
Le XIXᵉ siècle marque une période de renouveau : infrastructures modernisées, construction de ponts, aménagement des quais, et essor des transports fluviaux consolident le rôle commercial de Peyrehorade. Ces aménagements accompagnent l’ouverture de la ville sur le monde moderne sans rompre avec son identité fluviale et rurale.