Une vigie majestueuse dominant le cap, face aux îles et à l'immensité de la mer de la Manche !


Le Phare de Carteret est une maison-phare située sur la falaise du cap de Carteret, à Barneville-Carteret dans la Manche. Édifié à partir de 1837 et inauguré le 1er juillet 1839, il a été construit pour signaler le dangereux « passage de la Déroute » aux navigateurs. L'édifice se compose d'une tour carrée en maçonnerie de pierres apparentes posée sur un soubassement rectangulaire.
Au fil du temps, le phare a évolué : deux maisons pour les gardiens ont été ajoutées en 1870, le système d'éclairage a été électrifié en 1937, et l'installation a été entièrement automatisée en 1976. Bien qu'automatisé, le site reste gardienné par un agent électromécanicien. Gravement endommagé par un bombardement allié en juin 1944, il a été restauré et fonctionne à nouveau depuis février 1946.
Caractéristiques techniques
Perché à 80 mètres au-dessus du niveau de la mer (avec une hauteur focale de 83,90 m), le phare offre une portée lumineuse de 26 milles nautiques (environ 48 km) par temps clair. Son signal est caractérisé par un feu blanc à éclats selon le rythme 2+1 toutes les 15 secondes (Fl(2+1) W.15s), généré par une lampe halogène de 650 W équipée d'une lentille de Fresnel à six panneaux.
Visites et accès
Ouvert au public depuis juillet 2016, le phare permet aux visiteurs de gravir les 58 marches menant à la lanterne pour admirer un panorama à 180° sur les îles anglo-normandes (Jersey, Sercq, Aurigny) et le massif dunaire d'Hatainville.
Les horaires d'ouverture varient selon la saison :
- Avril à juin et septembre : Ouvert tous les jours (sauf dimanche matin), généralement de 10h30 à 12h30 et de 14h à 18h.
- Juillet et août : Ouvert tous les jours de 10h30 à 13h et de 14h à 18h30.
- Vacances scolaires (hiver et Toussaint) : Visites commentées sur réservation les mardis et jeudis.
Des visites nocturnes commentées sont également proposées sur réservation pour assister à l'allumage du phare. Le tarif d'entrée est d'environ 3 €.



Contrairement à de nombreux phares détruits par les Allemands en retraite, le Phare de Carteret a été gravement endommagé par un bombardement de l'aviation alliée le 28 juin 1944 (et non par les Allemands).
Le sémaphore et la station radar, occupés et fortifiés par l'ennemi (Rommel y avait fait installer un bunker souterrain), étaient devenus des cibles stratégiques. Le phare est resté hors service jusqu'au 25 février 1946, date de sa remise en fonction après reconstruction à l'identique.
Avant son électrification, le phare a connu une période périlleuse. Entre 1921 et 1926, trois incendies successifs se sont déclarés dans la lanterne.
Ces sinistres étaient causés par des fuites de pétrole sous pression, le système d'éclairage de l'époque étant extrêmement dangereux et nécessitant une surveillance constante. Ces incidents ont provoqué d'importants dégâts à l'optique et à la lanterne.
Comme d'autres phares en France, Carteret a été le théâtre d'un mouvement de protestation des gardiens. Dans les années 1980 et 1990, pour dénoncer les conditions de travail et l'automatisation croissante, les gardiens ont fait grève d'une manière particulière : ils laissaient les phares allumés jour et nuit et déclenchaient les cornes de brume en continu, transformant le signal de navigation en outil de revendication sociale.
Bien que le phare ait été entièrement automatisé en 1976, il est resté « gardienné » pendant encore 36 ans.
Ce n'est qu'en 2012 que le dernier gardien a quitté les lieux.
Aujourd'hui, le site est toujours surveillé par un agent électromécanicien, mais il n'y a plus de gardien résident permanent, marquant la fin d'une époque séculaire.
& légendes
Le cap de Carteret est lié à une légende médiévale : au Ve siècle, d'immenses serpents ou dragons terrorisaient les habitants, exigeant le sacrifice d'enfants.
Saint-Germain le Scot, arrivé miraculeusement sur une roue de char (ou un coracle irlandais), aurait vaincu le monstre dont le sang aurait teint les parois de la « grotte du Dragon », une anfractuosité de la falaise où l'on peut encore voir des traces d'oxyde de fer interprétées comme les restes du combat.

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l.helbert@normandie-tourisme.fr - https://www.normandie-tourisme.fr/
Crédits photos :OT Cotentin - Baptiste Almodovar
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