Dans le sud des Landes, entre Bayonne et Capbreton, la Réserve Naturelle du Marais d'Orx occupe l'ancien lit asséché de l'Adour, transformé en polder agricole au XIXe siècle avant d'être rendu à la nature à la fin du XXe siècle. Racheté par le Conservatoire du littoral en 1989, ce site de zone humide est aujourd'hui l'un des refuges ornithologiques majeurs du littoral aquitain, où se croisent spatules blanches, balbuzards pêcheurs et cistudes d'Europe.
Un polder rendu à la nature
En 1808, Napoléon Ier ordonne l'assèchement du marais aux frais de l'État pour gagner des terres agricoles sur cette vaste zone humide. Les travaux se poursuivent au milieu du XIXe siècle sous Napoléon III, avec la construction de pompes hydrauliques en 1863 et la création d'un polder d'environ 1000 hectares, divisé en quatre casiers ceinturés de digues et de canaux. Il faudra attendre 1989 et le rachat du site par le Conservatoire du littoral, avec le soutien du WWF-France, pour que l'eau reprenne peu à peu possession des lieux. La Réserve Naturelle Nationale est officiellement classée le 11 février 1995.
Une biodiversité exceptionnelle
La mosaïque de milieux du marais - plans d'eau, roselières, prairies, saulaies et jonçaies - en fait une halte migratoire de premier plan sur la façade atlantique. Le site officiel de la réserve recense 298 espèces d'oiseaux, parmi lesquelles la Spatule blanche, le Balbuzard pêcheur, le Courlis cendré, l'Oie cendrée ou encore la Grande Aigrette et le Héron cendré. Les visiteurs peuvent également y observer la Cistude d'Europe, tortue aquatique protégée, ainsi que le discret Vison d'Europe.
Que voir et faire sur place ?
La Maison Béziers, ancienne bâtisse de l'époque napoléonienne, marque le point de départ de la visite. Elle abrite une exposition permanente sur l'histoire du marais et sert de poste d'observation en hauteur pour saisir d'un coup d'œil l'étendue du site.
Depuis ce point d'accueil, un sentier d'interprétation jalonné de panneaux explicatifs, de passerelles en bois et d'observatoires permet de parcourir librement et gratuitement le circuit « Découverte » (6,4 km aller-retour, environ 2 heures de marche), en partie accessible aux personnes à mobilité réduite. Les randonneurs plus aguerris peuvent poursuivre sur le circuit naturaliste, qui totalise environ 9 km.