Que faire à Campan ?
Village authentique au cœur des Pyrénées, célèbre pour ses mounaques

Visiter Campan
Le village de Campan s'étend le long de l'Adour, à 690 mètres d'altitude, au centre d'une vaste commune de montagne qui porte son nom mais qui regroupe en réalité plusieurs hameaux distincts (Sainte-Marie-de-Campan, La Séoube, Payolle). Le bourg lui-même reste un village compact, structuré autour de sa halle et de son église, avec une identité montagnarde bien affirmée.
Le cœur historique de Campan s'organise autour de sa halle, la plus ancienne des Hautes-Pyrénées : sa construction est décidée par délibération dès 1569, pour accueillir un important marché aux bestiaux. Sa charpente de bois, portée par treize colonnes de pierre, fut édifiée par des cagots. Face à elle, une fontaine de 1628, sculptée dans le marbre rose de Payolle, complète cet ensemble classé Monument Historique depuis 1927.
À quelques pas, l'église Saint-Jean-Baptiste, des XVIe et XVIIe siècles, conserve un remarquable mobilier baroque et un témoignage plus sombre : une chapelle séparée, autrefois réservée aux cagots, minorité mise à l'écart jusqu'au XIXe siècle. Le musée « Le Carrefour des Patrimoines », installé dans l'ancienne école du bourg, retrace l'histoire de la vallée à travers photographies et objets traditionnels.
Chaque été, de début juillet à mi-septembre, le village change de visage : les mounaques, poupées grandeur nature, véritables pièces uniques artisanales faites de tissus et de foin, dont les visages sont peints à la main, apparaissent aux fenêtres et sur les places. Leur histoire remonte au XIXe siècle et est indissociable de la coutume du charivari (voir plus bas). Plus de 160 Mounaques sont ainsi installées sur les balcons, dans les jardins, devant les portes, aux carrefours et même dans les vitrines des commerces. Elles sont souvent disposées en scènes de la vie quotidienne ou en familles, certaines portant des costumes thématiques A vous de les découvrir ! La Fête des Mariolles, qui se déroule traditionnellement le deuxième dimanche de juillet, marque souvent le coup d'envoi officiel ou un temps fort de la saison des Mounaques, avec des animations folkloriques.
Le village profite aussi de sa position au carrefour des cols d'Aspin et du Tourmalet, qui attirent chaque été des cyclotouristes venus du monde entier, sans pour autant perdre son rythme de vie villageois, rythmé par son marché hebdomadaire sous la halle.
Entre halle historique, mounaques et cols mythiques à portée de vue, Campan reste un village qui a su garder son âme.












Le supplément d’âme Explorissima
& coutumes
Les mounaques et la tradition du charivari
Les Mounaques (mot occitan signifiant « poupée », parfois péjoratif) sont des effigies grandeur nature confectionnées artisanalement avec du foin, des chiffons et des vêtements usagés, dont les visages sont peints à la main.
Leur histoire remonte au XIXe siècle et est indissociable de la coutume du charivari.
A cette époque, dans la vallée de Campan, la coutume voulait que l'aîné(e) de la famille hérite de tous les biens (maison, terres, bétail) pour éviter le morcellement. Cet héritier devait idéalement épouser quelqu'un du village.
Si l'héritière épousait un "étranger" (un hore-bengut, quelqu'un venu d'ailleurs), les biens de la famille risquaient de quitter la vallée. C'était perçu comme une trahison par la communauté. Les jeunes du village organisaient un charivari : une manifestation bruyante, voire violente, de mécontentement social. Les jeunes du village faisaient un vacarme infernal (cloches de vaches, casseroles, cris) devant la maison des futurs mariés pour les humilier et réclamer de l'argent. Ils fabriquaient et accrochaient les mounaques aux façades contre leur gré, pour se moquer d'eux et les punir. Le but exiger un tribut financier (une rançon) pour compenser la perte de l'héritage local. Si le prétendant payait, le charivari s'arrêtait. S'il ne payait pas, le tumulte et les moqueries continuaient jusqu'au mariage.
marquantes
Une femme de chambre devenue légende de Versailles
Jeanne Genet, devenue Madame Campan, doit son nom à son mariage avec Pierre-Dominique-François Bertholet, dit Campan, dont la famille était originaire de cette vallée pyrénéenne. Première femme de chambre de Marie-Antoinette pendant dix-huit ans, elle laissa des Mémoires précieux sur la vie de cour, avant de fonder après la Révolution une école réputée où furent élevées les sœurs de Napoléon.
Une place à part dans l'église du village
L'église Saint-Jean-Baptiste, construite par des cagots, conserve la trace de leur mise à l'écart : une chapelle séparée en fond de nef, avec son propre bénitier, leur était réservée. Cette minorité pyrénéenne resta frappée d'interdits sociaux jusqu'au XIXe siècle en raison de superstitions locales.
& artisanat
Un marbre qui a habillé Versailles
Le marbre rose extrait dans la vallée a servi à décorer le palais de Versailles, le Louvre et les Tuileries. La fontaine de la halle du village, sculptée par Jean Borgella dans ce même marbre en 1628, en est un exemple accessible à tous, à deux pas du marché.
À Sainte-Marie-de-Campan, une fourche réparée à la forge
À environ 10 minutes du village, le hameau de Sainte-Marie-de-Campan doit sa notoriété à un épisode resté dans la légende du Tour de France 1913 : le coureur Eugène Christophe y répara seul, pendant près de quatre heures, la fourche cassée de son vélo, faute d'assistance autorisée. Une plaque commémorative marque toujours ce lieu.
responsable
Des bénévoles au chevet du patrimoine pastoral
Sur les hauteurs de la commune, une association restaure depuis 2012 les courtaous, cabanes d'estive en pierre sèche tombées en ruine après la Seconde Guerre mondiale. Une manière de préserver, à quelques kilomètres du village, la mémoire d'un pastoralisme encore bien vivant dans la vallée.
Une halle qui a longtemps nourri la vallée
Avant d'accueillir le marché actuel, la halle du village fut pendant des siècles le siège d'un important marché aux bestiaux, pilier de l'économie pastorale locale. Le beurre produit sur les estives de la vallée était alors vendu jusqu'à Bordeaux et Toulouse.
Pourquoi Campan est-elle une étape incontournable du Tour de France ?
La route du col du Tourmalet, qui culmine à 2 364 mètres, passe par Campan depuis 1910. Les cyclistes gravissent chaque année l'une des plus célèbres ascensions pyrénéennes, tandis que les spectateurs bordent les routes pour encourager les coureurs sur cette pente légendaire.
Le marbre rose de Campan, une pierre qui voyage
Depuis le XVIe siècle, les carrières de marbre rose exploitées à Campan fournissent une pierre rare et précieuse. Vous la retrouvez dans des châteaux et églises de toute la France ; la tradition artisanale de la taille du marbre perdure encore aujourd'hui dans la vallée.
Modalités de visite
Le village de Campan est situé à une dizaine de kilomètres de Bagnères-de-Bigorre, sur la route menant aux cols du Tourmalet et d'Aspin.
Le stationnement est généralement aisé aux abords du village pour entreprendre la visite à pied.
Visitez l'atelier Mounuaques et Compagnie :our comprendre la fabrication des mounaques, la visite de l'atelier associatif est incontournable. Situé à la Maison Claire Fontaine, l'association Mounaques et Compagnie perpétue le savoir-faire. Ce qu'on y voit : Des explications sur l'histoire et la technique de fabrication, ainsi qu'une exposition de Mounaques de collection (modèles réduits de 25 à 40 cm). Il est possible d'acheter des poupées souvenirs, des kits de fabrication, ou de commander une Mounaque personnalisée à l'effigie d'un proche. Horaires d'ouverture : les horaires pouvant varier, il est recommandé de vérifier auprès de l'office de tourisme ou de la mairie avant la visite.
Visitez le Carrefour des Patrimoines : pour plonger dans l'histoire authentique de la vallée, la visite de ce musée installé dans l'ancienne école des garçons est incontournable. Géré par la Société des Amis de Madame Campan, cet espace moderne perpétue la mémoire des montagnards Campanois. Ce qu'on y voit : Un fabuleux voyage dans le temps grâce à plus de 500 objets anciens et un riche fonds photographique illustrant la vie agro-pastorale, l'artisanat (comme le filage et le tissage) et le patrimoine bâti. La scénographie utilise des outils numériques interactifs (bornes et tablettes tactiles) proposant des jeux de piste pour les enfants et des balades historiques virtuelles dans le village. Une boutique propose également des ouvrages locaux et des souvenirs. Horaires d'ouverture : les horaires pouvant varier selon les animations ou la saison, il est recommandé de vérifier auprès du musée (05 62 91 72 81) ou de l'office de tourisme avant la visite.
Carte d’identité
- Département : Hautes-Pyrénées
- Région : Occitanie
- Habitants : Campanais, Campanaises
A voir sur place et incontournables à proximité

Comment y aller ?
Contacts
Se déplacer
Campan ne possède pas de gare ferroviaire.
La desserte ferroviaire la plus pratique est généralement la gare de Tarbes, située à environ 40 km selon le point d’arrivée dans la vallée.
Le réseau régional propose ensuite des liaisons routières vers Bagnères-de-Bigorre et la vallée.
Campan est desservi par la ligne liO 960 Tarbes – Bagnères-de-Bigorre – La Mongie, avec plusieurs arrêts dans la commune.
Une liaison est également proposée depuis Lourdes avec la ligne liO 962 Lourdes – Bagnères-de-Bigorre – La Mongie.
Plus d'informations : horaires et plans
Campan est facilement accessible en voiture depuis Bagnères-de-Bigorre (environ 20 km) et Tarbes (environ 35 km).
L'accès par l'autoroute A64 depuis Tarbes (~1h) puis la D918 constitue l'itinéraire principal. Depuis Tarbes, rejoindre Bagnères-de-Bigorre puis suivre la D935 / D918 en direction de Campan et La Mongie.
La vallée de Campan constitue une destination prisée des cyclistes d'endurance. Le col du Tourmalet, l'un des plus difficiles des Pyrénées, attire des milliers de cyclotouristes chaque année désireux d'emprunter l'une des routes les plus prestigieuses du cyclisme.
L'aéroport Tarbes-Lourdes-Pyrénées est situé à environ 40 km de Campan.
Explorissima
Crédits photos :@Explorissima, Sotos - CC BY-SA 4.0 - Wikimedia Commons - Own work -commons.wikimedia.org- CC BY-SA 4.0 upload.wikimedia.org, Sotos - CC BY-SA 4.0 - Wikimedia Commons - Own work -commons.wikimedia.org- CC BY-SA 4.0 upload.wikimedia.org, Sotos - CC BY-SA 4.0 - Wikimedia Commons - Own work -commons.wikimedia.org- CC BY-SA 4.0 upload.wikimedia.org, Sotos - CC BY-SA 4.0 - Wikimedia Commons - Own work -commons.wikimedia.org- CC BY-SA 4.0 upload.wikimedia.org, René Hourdry - CC BY-SA 4.0 - Wikimedia Commons - Own work -commons.wikimedia.org- CC BY-SA 4.0 upload.wikimedia.org, Celeda - CC BY-SA 4.0 - Wikimedia Commons - Own work -commons.wikimedia.org- CC BY-SA 4.0 upload.wikimedia.org, Pierre André Leclercq - CC BY 4.0 - Wikimedia Commons - Own work -commons.wikimedia.org- CC BY 4.0 upload.wikimedia.org, Celeda - CC BY-SA 4.0 - Wikimedia Commons - Own work -commons.wikimedia.org- CC BY-SA 4.0 upload.wikimedia.org
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