Ancien hôtel particulier de style Renaissance


La Maison carrée de Nay est un ancien hôtel particulier de style Renaissance, édifié à partir de 1543 dans la commune de Nay, dans les Pyrénées-Atlantiques.
Classée monument historique depuis 1862, elle se distingue par sa façade dont la hauteur égale la longueur et ses ouvertures de portique carrées.
Histoire et architecture
Construite initialement pour la famille de François de Béarn (sire Bonasse) sur des terres acquises par le riche commerçant Pedro Sacaze, la demeure a été marquée par les guerres de Religion. Saisie en 1569 par Jeanne d'Albret, reine de Navarre, elle fut un temps appelée « Maison de Jeanne d'Albret ».
L'architecture inachevée de sa galerie intérieure témoigne de ces troubles historiques.
Le bâtiment s'organise autour d'une cour intérieure bordée de galeries voûtées et d'une tour-escalier monumentale en façade, innovation pour l'époque en Béarn.
Restaurée par la municipalité entre 1994 et 1998, elle conserve des éléments remarquables du XVIe et XVIIe siècles, tels que des cheminées sculptées, des plafonds et une balustrade en bois.
Informations pratiques
Située au 13 Place de la République, la Maison carrée est ouverte toute l'année (fermée le lundi).
- Horaires (été) : Du mardi au dimanche, 10h00–12h30 et 14h30–18h30.
- Tarifs : L'entrée aux expositions temporaires est gratuite.
- L'accès au musée permanent coûte 3 € (plein tarif) et 2 € (tarif réduit). La visite est gratuite pour les moins de 6 ans.
- Accessibilité : Le rez-de-chaussée et la cour sont accessibles aux personnes à mobilité réduite, mais pas les étages.
Musée et expositions
Aujourd'hui, la Maison carrée fonctionne comme un musée et un lieu culturel. Elle abrite les collections du musée de l'Industrie du pays de Nay, évoquant le textile, l'ébénisterie et le monde rural. Le lieu accueille également des expositions temporaires tout au long de l'année.









Une curiosité architecturale orne la façade sur rue : une sculpture représentant une vache avec sa sonnaille.
Réalisée dans la pierre, elle symbolisait probablement la richesse agricole ou une enseigne commerciale liée au commerce du textile (teinture). Durant les guerres de Religion, la sculpture a été volontairement « bûchée » (martelée) pour effacer les signes du propriétaire catholique, François de Béarn.
Bien que mutilée, la silhouette de l'animal reste encore perceptible aujourd'hui pour les observateurs attentifs.
Bien que construite par un fervent catholique, la demeure est restée dans l'histoire sous le nom de « Maison de Jeanne d'Albret ».
En août 1569, la reine de Navarre, chef du parti protestant, assiège Nay et confisque les biens des rebelles catholiques. Elle s'empare de cette résidence alors inachevée et vide.
C'est d'ailleurs sous son ordre (ou celle de ses successeurs immédiats) que la façade fut terminée en bois plutôt qu'en pierre de taille comme prévu initialement, laissant une trace visible de cette interruption brutale des travaux.
L'architecture de la Maison carrée était un acte de provocation sociale. Contrairement aux tours d'escalier étroites et sombres traditionnelles du Béarn, François de Béarn fit construire un escalier monumental ouvert en façade, baigné de lumière, imitant les palais italiens. Au sommet de cette tour se trouvait un pigeonnier.
À l'époque, le droit de posséder un pigeonnier était un privilège exclusif de la noblesse ; en en construisant un, le sire Bonasse affirmait ostensiblement son statut noble face aux autres bourgeois de la ville, malgré les critiques que cela pouvait susciter.
marquantes
L'histoire de la Maison carrée est indissociable du destin tragique de son bâtisseur, François de Béarn (sire Bonasse).
Après avoir fui Nay lors de la prise de la ville par les troupes de Jeanne d'Albret en 1569, il trouve la mort l'année suivante, en 1570, lors du siège de Tarbes.
Sa mort ne met pas fin à ses déboires : ses biens, dont la Maison carrée, sont officiellement confisqués et vendus comme biens de rebelle. Ce n'est que bien plus tard, après la fin des guerres de Religion, que sa veuve, Marie Sacaze, parvient à récupérer une partie du patrimoine familial, non sans de longues et coûteuses démarches juridiques.
La demeure, laissée inachevée et vide pendant plus d'une décennie, porte encore aujourd'hui les cicatrices de cette période d'instabilité, notamment dans sa galerie intérieure jamais finalisée en pierre.
La construction de la Maison carrée au XVIe siècle fut un choc esthétique pour la bastide de Nay. À une époque où les maisons étaient étroites, sombres et fermées, François de Béarn fait édifier un véritable « petit palais » inspiré de la Renaissance italienne.
L'anecdote réside dans l'audace de son escalier monumental : contrairement à la tradition béarnaise qui reléguait les escaliers dans des tours étroites et obscures pour des raisons défensives, celui de la Maison carrée est construit en façade, ouvert sur l'extérieur et baigné de lumière.
Cette disposition, copiée sur les palais de Florence ou de Rome, était considérée comme une provocation architecturale et un signe d'ostentation rare, voire unique, dans le sud-ouest de la France à cette époque.

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SIRTAQUI Nouvelle-Aquitaine
sirtaqui@na-tourisme.com - http://www.sirtaqui-aquitaine.com/
Crédits photos :©OTCPN, ©MaisonCarrée, ©OTCPN-ML, ©Anna Blanc-larrue
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